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Interview de Béatrice Marie Le Gall, Directrice des achats Nestlé

Béatrice Marie Le Gall, Directrice des Achats de NESTLE FRANCE, répond aux questions de Xavier Nouguès (OLIVER WYMAN) et nous livre son témoignage pour comprendre comment la fonction achats accompagne la transformation digitale de Nestlé, mais aussi comment la fonction est elle-même en train de se digitaliser.

Quelle importance revêt le Digital chez Nestlé ?

Le Digital fait partie intégrante du quotidien des consommateurs, notre ambition est de répondre avec le plus de pertinence possible à leurs attentes. Cela impacte l'ensemble de nos métiers, au premier rang desquels le marketing et le commercial.

D'un point du vue organisationnel, cela se traduit chez Nestlé par la création d'une direction e-business directement rattachée à notre PDG Richard Girardot. Cette division a pour mission d'accélérer la transformation digitale de notre entreprise avec trois zones de focus principal :

- Le développement de stratégies digitales et e-commerce pour nos business

- L'adoption de nouveaux usages possibles grace au digital

- L'acculturation digitale de nos collaborateurs

Et d'un point de vue achats ?

Les achats s'inscrivent dans cette nouvelle dynamique en apportant un support dédié au travers d'un pôle digital achats. Ce pôle inclut des compétences marketing et commercialeset des compétences informatiques (IS/IT)pour répondre aux questions de conformité et de fiabilité de nos plateformes d'échanges de données.

Certains acheteurs ont confié leurs achats digitaux au marketing, mais vous avez donc décidé de créer une équipe pluridisciplinaire...

Tout à fait. Les acteurs compétents sur le marketing digital ne disposent pas toujours des compétences techniques, et vice-versa. Pour l'instant, nous avons créé une coordination entre les acheteurs d'une part, les collaborateurs IT et marketing d'autre part. A terme, nous souhaitons tendre vers des achats digitaux directement enrichie de compétences IT et marketing.

Avez-vous jusqu'à présent augmenté vos effectifs pour répondre au défi de la digitalisation ?

Nous avons plutôt eu recours à un redéploiement, ce qui implique de développer de nouvelles compétences. Evidemment, les jeunes arrivants apportent de nouveaux savoirs en termes de digital, mais nous avons aussi largement recours à la formation interne. Chez Nestlé, nous nous appuyons par ailleurs sur de forts soutiens aux niveaux régional et mondial.

Si nous regardons maintenant les achats en tant que fonction, diriez-vous que le Digital vous a fait gagner en efficacité ?

Il ne fait pas de doute que les nouveaux outils digitaux optimisent directement nos processus d'achats. Comme d'autres, nous travaillons avec des plateformes sur la partie appels d'offres. Je ne dirais pas que le digital a changé notre manière de travailler en tout point - nous ne digitalisons pas, par exemple, la partie juridique ; en revanche, nous essayons de manière générale de déployer la digitalisation sur chaque aspect de nos processus. L'e-invoicing en est un bon exemple sur la partie facturation.

Le Digital n'est-il pas aussi un moyen de mieux faire accepter certains choix en termes d'achats ?

Ce sont en effet des sujets sur lesquels nous travaillons. Sur les catégories d'achats indirects, nous nous intéressons beaucoup au développe­ment du service aux utilisateurs.

Avec des sujets prioritaires ?

Nous avançons par exemple sur les achats de voyages. Mais pas seulement. Les frontières entre le personnel et le professionnel sont brouillées, avec notamment la multiplication des supports mobiles ; à nous, dans ce contexte, de nous insérer dans le quotidien des demandeurs d'achats pour les diriger plus facilement vers les catalogues existants, pour leur faire entrevoir l'ampleur des services proposés et, c'est aussi le but, en optimiser l'utilisation.