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La DSI, moteur d'innovations chez Adeo

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Chez ADEO, la DSI est un moteur d'innovation au sein du groupe... Et en fait la preuve par l'exemple.

ITW : Laurent Ostiz, Directeur du centre de services partagés transverse chez Adéo

OU SE SITUENT VOS PRINCIPAUX ENJEUX ?

« Principalement autour de la data puisque je pilote ce que nous appelons un Centre de Services Partagés sur des sujets transverses parmi lesquels on trouve la data warehouse, le big data ou encore la data analytics. Nous poursuivons aujourd'hui notre effort de démonstration, de pédagogie et d'engagement des métiers sur le sujet de la data. On croit bien souvent que c'est un sujet technologique, alors qu'il s'agit d'abord d'un sujet culturel. Nous voulons montrer que la data n'est plus une denrée rare mais une denrée abondante, qu'il est peu cher de la capter, de la stocker et de l'utiliser, et qu'elle peut générer beaucoup de valeur. Notre mission, c'est d'injecter cette idée dans la culture des métiers pour qu'ils se l'approprient et modifient leurs habitudes, leurs processus, leurs réflexions, leurs stratégies. »

CE SUJET EST DONC PORTE PAR LA DSI ?

« Chaque BU est légitime et responsable de traiter ces sujets. Pour les aider, nous mettons à leur disposition une infrastructure et des compétences techniques pour capter les use cases, réaliser des prototypes et constituer une plateforme qui permette le partage et le déploiement rapide des expérimentations réussies d'une BU à une autre. »

EST-CE FACILE POUR UNE DSI D'ENGAGER SUR DES SUJETS QUI NE SONT PAS QUE TECHNOLOGIQUES ?

« Dans le cas précis d'ADEO, nous avons une forte culture de l'autonomie et de l'entreprenariat. Si vous avez une bonne idée et que vous démontrez qu'elle a de la valeur, généralement les gens vous suivent. A-t-on plus de légitimité qu'un autre ? Sans doute sur la partie technologique, pas spécialement sur l'exploitation finale du côté des processus métiers. Mais il s'agit d'un sujet de collaboration et finalement peu importe d'ou il part. Si c'est l'IT qui a eu l'intuition que la data est une question importante et qu'il parvient à en faire la démonstration alors les gens sont prêts à suivre. »

COMMENT FAIRE CETTE DEMONSTRATION ?

« Si vous vous contentez de réaliser des plaquettes ou de diffuser des communications digitalisées, vous ne parlerez qu'aux personnes convaincues. Comment démontrer que quelque chose a de l'intérêt ? Il faut partir d'un irritant ou d'un besoin, et passer par le Faire, c'est-à-dire un prototype qu'on est capable de tester et qui apporte un début de solution concrète... Et c'est gagné ! Une fois que vous avez fait cela, vous pouvez relayer ce résultat pour engager une plus large population. C'est dans cette idée que nous avons créé les Big Data Days. Tous les ans, une soixantaine de personnes sont invitées dans une BU ; un appel à projets est lancé, chaque BU vient avec des use cases et une équipe pluridisciplinaire - métiers et IT. Avec notre aide, ils planchent pendant trois jours, jusqu'à ce qu'il en sorte un prototype. Le dispositif en est à sa 3ème année et c'est un formidable vecteur d'appropriation. L'événement est connu, les gens s'engagent, organisent parfois même des concours internes dans les BU afin de pouvoir participer. »

AVEZ-VOUS DEPLOYE D'AUTRES DISPOSITIFS DE LA SORTE ?

« Evidemment, nous complétons aussi le dispositif avec des communications plus traditionnelles, sur l'Intranet par exemple. Mais nous voulons par-dessus tout du concret et de l'engagement. Les Big Data Days sont ponctuels ; à côté, nous avons monté un data lab, ouvert en continu. Nous proposons aux BU de nous appeler, de passer pour tester un use case. Si la faisabilité est là, on prend l'engagement de mettre au point un prototype. Dans la majorité des cas, c'est chose faite en l'espace de quelques semaines. Si le prototype fait ses preuves, nous industrialisons et nous mettons à disposition des autres BU. »

LA PREUVE PAR L'EXEMPLE !

« J'y crois très fort. Cela n'empêche pas de travailler sur la pédagogie auprès des dirigeants, c'est aussi une facette importante, si l'on veut que les nouveaux projets se voient accorder leur chance. Mais on ne pourra jamais se passer du terrain. »

CERTAINS DSI SE SENTENT JUSTEMENT MISES A L'ECART DU TERRAIN...

« Chacun doit se poser la question de la valeur de son propre métier. Si un DSI ne croit pas qu'il peut amener de la valeur aux métiers par la technologie et l'innovation, c'est qu'il s'est trompé de voie... Il faut s'autoriser, il faut oser ! Des DSI se bloquent parfois elles-mêmes. Si l'on agit avec humilité et en amenant des choses concrètes et utiles, à moins d'une gouvernance vraiment paralysante, je ne vois pas pourquoi vos interlocuteurs refuseraient une solution pour répondre à leurs problèmes ou optimiser leurs activités. La DSI ne doit pas se considérer comme une esclave du métier : elle doit se poser en partenaire. Il faut se mettre dans cet état d'esprit, absolument. »

COMMENT VOYEZ-VOUS LA DSI DANS DIX ANS ?

« Je pense que les DSI telles qu'on les connaît actuellement vont être découpées : le core IT restera dans un département propre, en mode fourniture de services et d'infrastructures en Cloud, sur les grands basiques que sont la data, les API, l'interopérabilité, la sécurité ou la performance globale. Tout le reste de l'IT tombera alors dans les métiers, contribuant à créer des départements pluridisciplinaires dans lesquels toutes les compétences seront regroupées autour d'un sujet (marketing, relation client, etc.) et ou tous pourront s'appuyer sur une plateforme commune. On ne parlera plus tant d'un département IT, que de compétences IT, alignées sur les différents besoins des entreprises. »

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